Maine-de-Boixe, champion des radars fixes
Par reaction, Lundi 14 janvier 2008 à 10:55 :: Les faits du jour :: #1 :: rss
Frédéric BERG
Près de 10.000 flashs en à peine soixante-dix jours de fonctionnement. Le radar fixe de Maine-de-Boixe, sur la RN 10, est impitoyable. Il met à l'amende plus de 140 véhicules par jour. C'est pas loin de cinq fois le score de son dauphin, celui d'Exideuil sur la RN 141 (30,2 par jour) et sept fois plus que le troisième sur le podium, un des plus anciens radars fixes de Charente et toujours aussi efficace, celui de Saint-Yrieix, sur la rocade d'Angoulême (22 par jour).
Au total, les onze radars en activité - celui de Nonaville est inactif en raison des travaux de la RN 10 à cet endroit - ont relevé 44.458 infractions en 2007. Plus de deux fois les chiffres de 2006 quand 18.778 véhicules avaient été flashés par dix radars - quatre avaient été branchés en cours d'année. La montée en puissance des radars fixes signifie également des retombées sonnantes et trébuchantes.
Chaque infraction relevée et c'est au moins 45 € qui tombent dans les caisses de l'Etat (lire ci-contre). Mais il est très difficile de calculer combien rapporte un radar.
D'abord parce qu'en moyenne seulement 47,3 % des PV trouvent leur destinataire. Soit parce que la photo n'est pas utilisable, soit parce par défaut d'identification du titulaire de la carte grise. Ensuite, les chiffres communiqués ne différencient pas les infractions. Enfin, il faut tenir compte du coût du radar, 70.000 €, et de son entretien, plusieurs milliers d'euros par an.
«Son retrait
pourra être envisagé»
Quoi qu'il en soit, avec 142 véhicules flashés chaque jour, le radar de Maine-de-Boixe, situé dans le sens Angoulême-Poitiers, a rapporté au minimum 250.000 € entre son installation fin octobre et le 31 décembre. En moins de trois semaines, il était rentabilisé.
Alors, la question est simple: ce radar est-il un piège ou une nécessité ? D'autant qu'il est placé dans une longue ligne droite, à 250 m de la fin d'une section limitée à 90 km/h d'environ quatre kilomètres et après les carrefours dangereux.
Le maire de Maine-de Boixe, Patrick Berthault, estime ainsi que l'implantation est «très stratégique»: «S'il avait été placé entre les deux carrefours, j'aurais compris. Mais là , je ne comprends pas bien. D'autant qu'à l'époque où un groupe de travail dont je faisais partie a décidé de mettre cette portion à 90 km/h, il avait été demandé aux gendarmes d'être un peu plus souples sur les contrôles de vitesse à cet endroit.» Et l'élu, également conseiller général, d'appuyer: «Le panneau qui annonce le radar est situé sur la partie droite de la route, à un endroit très souvent masqué par les camions qui sortent de l'aire de repos.»
Pour Catherine Quingué-Boppe, directrice du cabinet de la préfecture de la Charente, en charge de ce dossier, «il n'est pas question de piéger les automobilistes». Elle poursuit: «Mais sur cette portion, plus de 65 % des usagers ne respectaient pas les limitations de vitesse. On choisit de mettre les radars à des endroits où il faut faire chuter de façon significative la vitesse. Il est important de le responsabiliser les automobilistes et pas de tenter de les victimiser en s'interrogeant sur la situation de tel ou tel radar.»
Mais la directrice de cabinet du préfet embraye aussitôt pour expliquer qu'«une évaluation sera faite dans les prochains mois de la pertinence de ce radar; si elle n'est pas n'est pas démontrée, son retrait pourra être envisagé.»
Une commission d'usagers
de la route
Autre annonce importante, la création en Charente d'une commission consultative d'usagers de la route pour la signalisation routière. Dans les prochains mois. «C'est une instance qui va recueillir les avis des usagers et qui en tiendra compte concernant la pertinence des certaines limitations de vitesse, l'emplacement et la cohérence de la signalisation», explique Catherine Quingué-Boppe, qui insiste sur la finalité des contrôles. «Notre objectif, c'est que les gens admettent la règle et la respectent. Si la vitesse moyenne a baissé en France c'est grâce au maillage des radars.»
Deux nouveaux radars, prévus pour 2007, seront installés dans les prochaines semaines sur des départementales. Les implantations sont «à l'examen», mais une machine devrait pousser sur la D 731, entre Barbezieux et Chalais.
Le nombre d'infractions relevées ne risque pas de baisser. Mais selon la directrice de cabinet de la préfecture, la vitesse n'est pas le principal souci des pouvoirs publics: «Notre préoccupation première, c'est l'alcool au volant et nos efforts vont se concentrer pour faire diminuer de manière significative ce fléau.»


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