Armel LE NY

On ne comprend pas toujours la gouvernance actuelle.» La formule polie de Jean-Claude Caraire, qui a toujours fui la polémique comme la peste, ne cache pas la déception des militants Verts du Grand-Angoulême.

Dix-huit mois après l'arrivée de cinq des leurs aux manettes d'Angoulême, aux côtés du PS et du PC, les écolos restent sur leur faim: «Nos élus bossent, ils font du bon boulot dans leurs secteurs, mais le projet vert n'est pas assez pris en compte», regrette Jacques Nicolas, le nouveau porte-parole des écolos de l'agglo. «Il n'a pourtant pas dû échapper à Philippe Lavaud qu'Europe Ecologie a fait 18 % à Angoulême aux dernières européennes, juste derrière le PS, à 20 %.»

Si, au nom de la cohésion de la majorité, Françoise Coutant évite soigneusement d'étaler ses états d'âme sur la place publique, la chef de file des élus Verts avait elle-même exprimé sa lassitude auprès des militants au début de l'été.

«Erreurs

de communication»

C'est plus que de l'impatience qui agite les écolos: «Ce qui nous inquiète, ce n'est pas qu'il n'y ait pas de choses visibles au bout de dix-huit mois, mais qu'on ne voit pas s'enclencher des politiques nouvelles», déplore Jean-Claude Caraire.

Le dossier sur le moyen de transport en site propre est le seul véritable satisfecit accordé à l'équipe Lavaud: «Une réflexion sérieuse a été engagée sur ce sujet», estime Jacques Nicolas. Et même s'ils sentent que leur idée de tramway risque d'être doublée par le busway de Lavaud, ils n'en font pas une maladie: «On peut comprendre, pour des problèmes de coût. Ce qui compte, c'est un moyen de transport en site propre, afin de parvenir à limiter les déplacements en voiture à 20 %.»

Sur le reste, les Verts sont beaucoup plus critiques. En particulier sur la mise en place d'un Plan de déplacement urbain (PDU), sujet sur lequel Jean-Claude Caraire n'avait cessé de dénoncer l'immobilisme de Philippe Lavaud lorsqu'il était conseiller d'opposition: «C'est la priorité numéro un des priorités numéro un. Cela redémarre mollement. Il n'y a pas eu d'appel au public. Un bureau d'étude aurait été détaché, mais ce n'est pas à lui de définir la politique de l'agglomération. Ou alors, c'est qu'on continue comme avant.»

La méthode Lavaud ne semble guère convenir aux Verts. Avec deux exemples dans l'actualité récente. La hausse des impôts locaux: «C'est une erreur de communication. Quand on annonce une hausse des impôts, c'est mieux de dire pourquoi on le fait.» Et la polémique avec le festival de la BD: «Philippe Lavaud a posé une vraie question. Mais on ne comprend pas pourquoi il le fait à deux mois de l'événement.»

Plus que l'arrivée, le mois prochain, de Françoise Coutant au sein de la Comaga, où elle pourra peser sur les dossiers importants, les Verts attendent désormais les élections régionales du printemps, où ils auront leur propre liste. Hier, ils ont commencé à faire entendre leur différence.