Philippe Lavaud: «J'ai passé une année très intense»
Par reaction, Lundi 11 janvier 2010 à 05:45 :: Grand Angoulême :: #4647 :: rss
Maurice BONTINCK
m.bontinck@charentelibre.fr
Philippe Lavaud a passé son week-end à serrer des mains et à claquer des bises, à l'occasion des cérémonies de voeux dans les quartiers Saint-Ausone, Saint-Cybard ou Victor-Hugo, ou encore samedi, lors de la remise des trophées de l'Office municipale des sports (lire en page suivante). L'occasion de faire le bilan d'une année 2009 «intense», où il reconnaît s'être parfois isolé. «Mais je ne prends pas ça comme une critique, j'ai eu des dossiers complexes à travailler - et si les gens veulent me voir plus, c'est aussi que je leur manque.»
Comment définiriez-vous votre année 2009 ?
Philippe Lavaud. Intense, très intense. C'était l'année de la mise en oeuvre de notre politique et aussi celle du premier budget. On a aussi posé les bases de cette tranquillité publique que nous voulons mettre en oeuvre.
Qu'entendez-vous par tranquillité publique ?
Je veux mettre encore plus l'accent sur la cohésion sociale et la solidarité. Et faire en sorte qu'à travers l'urbanisme, mais aussi le sport, la culture, il n'y ait pas de ghetto dans la ville. Mettre aussi en place des politiques pour éviter, par exemple, les regroupements intempestifs. 2010 marque le lancement de la deuxième phase du mandat.
Qu'est-ce qui vous a le plus surpris cette année ?
Nous avons travaillé sur des dossiers très techniques, comme les négociations avec RFF [NDLR: Réseau ferré de France] ou la SNCF pour les projets autour de la gare. Je ne m'attendais pas à des négociations aussi complexes. Et nous avons aussi découvert, je ne dirai pas des cadavres dans les placards, mais des difficultés pas anticipées.
Comme ?
Au-delà du désengagement de l'Etat, il ne se passe pas une semaine sans que nous regardions comment évoluent les emprunts liés à la dette. Nous avons également dû faire face à des dépenses imprévues comme pour l'Asac, où nous sommes en cassation, mais nous avons dû payer pour le moment (1).
Augmentation des impôts, crises des festivals... Comment avez-vous vécu ces critiques ?
J'ai trouvé pénible parfois cette médiatisation, tout ce bruit qui fait passer la ville pour le mauvais payeur. Pour les impôts, par exemple, Cognac les augmente deux fois de suite, sans que ça n'émeuve personne... Quant aux festivals, nous ne pouvons pas donner l'argent que nous n'avons pas. Mais nous n'avons jamais pris les organisateurs à la gorge. Pour la BD, par exemple, nous avons économisé 142.000 €. C'est à peine 10 % de ce que nous donnons.
Quels sont vos regrets sur cette année ?
De ne pas pouvoir aller plus vite sur l'éco-quartier et la piscine. J'aurais vraiment voulu que ça avance. A un degré moindre, je regrette aussi que la direction collégiale des services que j'ai mise en place à la mairie n'ait pas fonctionné comme espéré. Nous sommes désormais en phase de recrutement d'un directeur général des services, qui doit arriver en mai-juin.
Et votre fierté ?
La mise en place de l'école municipale des sports, du pass' culture, du goûter généralisé pour les enfants, tout ce qui est symbole de la cohésion sociale. Et puis, comme je l'ai dit, le lancement parfois complexe de gros dossiers, comme la médiathèque avec des travaux qui débuteront en mai, à la fin du bail de Moto Expert. Mais aussi le stade d'athlétisme, qui vient d'être reconnu comme intérêt communautaire.
Certains, même parmi vos proches, ont reconnu que vous vous étiez isolé par moments de la population...
Si je me suis isolé, c'est parce qu'il y avait beaucoup de dossiers très techniques à travailler, à l'image aussi de la réorganisation des services à la mairie qui n'avaient pas bougé depuis trente ans. Mais je ne prends pas ça comme une critique: si les gens veulent me voir plus, c'est aussi que je leur manque. Et cette année, je vais faire en sorte d'être plus disponible.
En tant qu'ancien conseiller régional, vous serez aussi disponible pour la campagne de Ségolène Royal ?
J'aime les campagnes électorales et je serai à 200 % derrière le très bon bilan de Ségolène Royal, même si je ne suis pas candidat.
Avec quel rôle au sein du Parti socialiste ?
Aucun. Pendant un an, je ne ferai rien, pas une réunion. J'ai demandé de m'éloigner du PS, parce que j'aime la politique, quand on se bat pour des projets, quels que soient les hommes ou les femmes qui les défendent. Et je veux prendre de la distance avec ces combats de petites personnes. Ces petites affaires ne m'ont jamais intéressé.
(1) En mars dernier, la mairie a été condamnée
par la cour d'appel de Bordeaux à payer 200.000 € aux créanciers du club de football pour
«comblement de passif».


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