L'allemand drague les élèves dès l'école primaire
Par reaction, Vendredi 12 février 2010 à 08:16 :: Grand Angoulême :: #5015 :: rss
Richard TALLET
r.tallet@charentelibre.fr
Guten tag ! Ich bin Michaela, und du ?» Une petite balle atterrit dans les mains de Tom qui répond: «Ich bin Tom.» En quelques secondes, aussi simplement qu'un bonjour bonsoir, Michaela Heinke a noué le dialogue, en allemand, avec les 25 élèves de CM2 de l'école primaire de Puymoyen. Et pendant une heure, cette jeune lectrice allemande a tenté de donner envie à ces futurs collégiens d'apprendre la langue de Goethe.
Tous les deux ans, le programme DeutschMobil fait une petite tournée des écoles charentaises pour promouvoir la langue et la culture allemandes. Une action qui essaie d'endiguer le lent déclin des germanophiles dans les collèges de Charente. Ils sont 1.698 à pratiquer l'allemand, sur 12.974 collégiens. Dont 1.187 depuis la classe de sixième dans les 17 établissements, sur 38, qui s'inscrivent dans le dispositif bilangue dès l'entrée au collège.
«La première langue d'Europe»
Cette année, Michaela Heinke sera intervenue dans quatre collèges et quatre écoles primaires. Dans la classe de Sandrine Ebroussard, ils sont neuf à vouloir prendre l'option bilingue dès la sixième.
«Depuis que cette sixième existe, on a remonté les effectifs», assure Jean-Yves Chaumette, prof d'allemand au lycée Marguerite-de-Valois. Il enseigne depuis quarante-et-un ans et veut tordre le cou aux idées reçues. «Il faut combattre le cliché de l'allemand trop dur à apprendre» et combattre le cliché de langue peu parlée à travers le monde. «C'est la première langue d'Europe», milite le prof, qui cite l'Allemagne, l'Autriche, mais aussi la Belgique, le Luxembourg, la Suisse comme terres germanophiles.
«Je me bats contre l'impérialisme de l'anglais», ajoute Jean-Yves Chaumette. Et il ne manque pas d'exemples pour prouver à quel point l'allemand est utile, même en affaires. «Mais apprendre une langue, ce n'est pas seulement savoir dialoguer pour des échanges commerciaux. C'est aussi découvrir une culture et l'histoire d'un pays. Compte tenu du passé, on se doit de connaître l'Allemagne», plaide-t-il.
Si le discours du prof est aussi passionné qu'il aime l'Allemagne, la mission de Michaela Heinke s'inscrit plus sur la durée. Et classe par classe, par des discussions simples, elle finit par séduire les futurs collégiens et les rallier à la cause allemande.


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