Ivan DRAPEAU





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Ségolène Royal (Photo Phil Messelet) aura été la dernière, hier matin, à déposer ses listes en préfecture à Poitiers. Les tempêtes qui ont agité leur composition - trop orange, pas assez rouges - ne sont pas tout à fait calmées. Hier soir, Alexis Blanc, missionnaire du MoDem de Charente-Maritime en terre rose, pleurait de ne pas avoir obtenu la position promise. La veille, ce sont des socialistes du même département qui dénonçaient l'ouverture au centre.



Si les deux sondages successifs réalisés en région (lire ci-contre) ont un sens, ils révèlent que l'opinion publique est totalement indifférente aux empoignades microcosmiques des chapelles militantes. Ségolène Royal est donnée gagnante dans les grandes largeurs. Elle a certes intégré cinq adhérents du MoDem, dont quatre en position provisoirement éligibles, trois Verts, également éligibles, mais aussi trois représentants du monde ouvrier dont un ancien adhérent du PC. «Pour qu'ils fassent entendre la voix des victimes du capitalisme financier», précise la présidente sortante avec des mots que ne désavouerait pas un militant du NPA!



La liste charentaise est la moins «ouverte», accueillant seulement un radical et une invitée de dernière minute, Annie Rousseau, Poitevine et membre du Mouvement république et citoyen de Jean-Pierre Chevènement. Il avait été oublié en route, il fallait lui trouver une place!

Le poids

d'Europe écologie



Comme prévu, sept autres listes (1) se disputeront les suffrages des électeurs (voir CL d'hier), soit pour détrôner Ségolène Royal, soit pour obtenir les sièges qui leur donneront une tribune.



Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux Transports, président du conseil général de Charente-Maritime, tête de la liste UMP, est donné perdant. Sa campagne sur le territoire (voir ci-dessous) n'a pas trouvé son rythme. Il veut croire que le temps jouera en sa faveur et notamment la difficile ré-union de la gauche entre les deux tours.



Selon les sondages, seule la liste Europe écologie menée par Françoise Coutant, l'adjointe verte au maire d'Angoulême, serait en mesure de peser. Elle est créditée de 13 à 15 %, ce qui lui permettrait de négocier des places éligibles. En revanche, le Front de gauche, réfractaire à toute alliance avec le centre et que conduit la directrice de l'IUFM de Poitiers, Gisèle Jean, est au même niveau dans les intentions de vote que le MoDem emmené par Pascal Monier, Angoumoisin et maître de conférence à l'université de Poitiers: 5 %. Juste au-dessus, les deux listes ont le droit, si elles le souhaitent, de fusionner avec plus gros qu'elles; en dessous, elles sont purement et simplement éliminées.



En 2004, lors de la précédente élection, le Front national avait franchi la barre des 10 % qui lui avait permis de se maintenir au second tour. Les sondages ne lui accordent pas cette perspective cette année et le situent entre 7 et 8 % des voix.



Enfin l'extrême gauche, unie en 2004, part séparée cette fois. Lutte ouvrière d'une part, le NPA d'Olivier Besancenot de l'autre. Les deux listes sont annoncées sous les 3 %. Il leur reste à tous quatre semaines pour convaincre, pour limiter l'abstention (64 % de participation en 2004) et renverser les tendances.



(1) Les huit listes et les 504 candidats



sont sur le site www. charentelibre.fr



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