Ségolène Royal. Photos Majid Bouzzit



Stéphane URBAJTEL





s.urbajtel@charentelibre.fr



Allez, ne nous racontons pas d'histoires. Qui a pris le temps d'éplucher les programmes des candidats aux régionales? Quelle place accorderons-nous aux idées dimanche lorsque, dans le secret de l'isoloir, nous choisirons entre le bulletin Royal ou le bulletin Bussereau? Après avoir relaté les polémiques, décri les personnalités des candidats et raconté les coulisses de la campagne, CL décortique les propositions les plus concrètes des deux adversaires.

ENVIRONNEMENT

Du vert, beaucoup de vert dans les programmes. Quand Ségolène Royal entend «mettre Poitou Charentes en tête des régions écologiques d'Europe», Dominique Bussereau veut faire de la région «un bassin d'emploi leader des métiers du développement durable». Quelques propositions comparables sans être semblables: «elle» souhaite développer les aides régionales aux bâtiments à basse consommation; «lui» plaide pour investir dans la rénovation thermique des bâtiments. Tous les deux affichent la certitude que «l'écologie peut créer des emplois».

Ségolène Royal veut tripler la production d'énergie renouvelable d'ici 2020, lancer un plan massif d'économie d'énergie, instaurer des contrats avec les industries pour les inciter à aller vers le «zéro déchets industriels», créer des «écoquartiers» et mettre en place 5 000 actions de formation aux emplois verts.

Dominique Bussereau promet 10 000 emplois verts d'ici dix ans, propose aux très petites, petites et moyennes entreprises de bénéficier d'un plan de formation aux énergies renouvelables pour innover, économiser et améliorer le quotidien.

TRANSPORTS

Le leader de la liste UMP n'a pas oublié qu'il est secrétaire d'Etat aux Transports. La mobilité a droit à un important chapitre dans son projet. On retiendra la promesse d'instauration d'un «Pass' Partout» (un titre de transport unique pour tous les modes de déplacement), un plan pour des trains régionaux «plus confortables, plus fréquents et une offre tarifaire plus intéressante» et des «cars de proximité dans ses secteurs ruraux».

La chef de file de la liste de gauche propose, elle, la création d'un «Pass 1,2,3, mobilité» donnant accès à tous les transports en commun pour 1 euro par trajet, le doublement de l'offre TER en cinq ans, des taxis collectifs sur demande en territoire rural, un plan vélo régional et la mise en place d'un système de taxis collectifs là où il n'y a pas de transports en commun.

EMPLOI

C'est aux yeux de Dominique Bussereau un chantier majeur, abandonné par la présidente sortante. Sans fournir de détails, il préconise un «plan de relance pour l'emploi» et suggère «d'augmenter fortement» le budget consacré à la commission emploi et économie. Le candidat UMP plaide aussi pour une augmentation de la prime régionale pour l'embauche du premier apprenti, un «contrat de transition professionnelle régional» pour les salariés ayant perdu leur emploi pendant la crise (90 % de leur salaire brut serait payé pendant 12 mois).

Dans son projet, Ségolène Royal aligne les promesses sous forme de chiffres: 10 000 contrats de sécurité sociale professionnelle pour accéder à la formation sans rupture du contrat de travail, 8 000 bourses régionales pour les créateurs d'entreprise d'ici quatre ans, le doublement du nombre de sociétés coopératives et le triplement du nombre d'entreprises innovantes.

AGRICULTURE

Tous avec les agriculteurs. Dans les deux projets, la ruralité occupe une place de choix. Si Ségolène Royal s'engage à proposer des «aides à l'installation des jeunes agriculteurs», Dominique Bussereau défend un «contrat régional d'aide à l'installation et à la reprise d'exploitation». Le secrétaire d'Etat souhaite favoriser l'agriculture et la viticulture (lire par ailleurs).

La socialiste souhaite amplifier la lutte contre la spéculation des terres agricoles, soutenir les formations bio dans les lycées agricoles et mettre en place de nouvelles filières de commerce équitable.

JEUNES

Formation, éducation, culture, sport, tous ces sujets sont présents dans les projets, disséminés au fil des documents de campagne. Dénominateur commun: ils s'adressent souvent aux jeunes. Du côté de Ségolène Royal, on annonce la reconduction des «chèques livres» et des aides à l'équipement professionnel des jeunes, un «pack jeunes» permettant un soutien financier au permis de conduire, aux séjours linguistiques, un accès à la culture et au sport. Les «tickets sports» seront reconduits pour aider les familles à payer les licences sportives et le dispositif «un habitant un spectacle», créé pour faciliter l'accès à la culture, aussi.

Dans le camp Bussereau, l'opération «un toit partagé pour plus de solidarité» permettra aux étudiants en manque de logement de solliciter des personnes âgées prêtes à les héberger, des bourses au permis de conduire «pour que le coût de l'examen ne soit plus un frein», le doublement des fonds consacrés aux séjours linguistiques, la création de bourses d'excellence régionales et des prêts étudiants régionaux à taux zéro. En matière sportive, la liste UMP propose de faire du Creps de Boisvre (Vienne) «un grand pôle régional du sport».

SANTÉ

C'est une compétence régionale, mais elle occupe une place assez restreinte dans les deux projets. Dominique Bussereau propose la création de maisons médicales pour garantir l'accès aux soins en milieu rural et veut développer les structures d'accueil pour les personnes âgées. Ségolène Royal veut renforcer les hôpitaux de proximité en équipements en télémédecine permettant les diagnostics à distance grâce à internet. Elle plaide aussi pour un contrat de service public avec les étudiants en médecine sur le mode «je te paie tes études et tu t'engages à t'installer en milieu rural».

SECURITÉ

Le sujet n'apparaît pas du tout dans le projet de Ségolène Royal. Dominique Bussereau propose «un plan de vidéo protection dans les gares, les TER et aux abords des lycées». «Afin que les déplacements comme les études ne soient pas empêchés par la violence», argumente-t-il.



Dominique Bussereau.