Sylviane CARIN





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Ni sièges, ni gradins. Tous debout à se tordre le cou pour entrevoir Renan Luce, après une heure d'attente meublée en partie par un presque sosie, Benoît Doremus. Les quelque 1.600 spectateurs du Vingt-Sept à Rouillac n'étaient pas dans des conditions idéales mercredi soir pour apprécier le double lauréat des Victoires de la Musique.

Certains se consolaient déjà en se disant qu'ils le reverraient le 14 août à Confolens, lors de la grande soirée «world music» du festival de folklore. D'autres, comme Gérard Desaphy maire adjoint à la culture d'Angoulême et fan de France Gall, se réjouissaient. Le jeune chanteur breton a terminé sur un titre des années Gainsbourg: «Laisse tomber les filles». Un clin d'oeil. Un clin d'oeil de plus dans un show poétique où chacun peut trouver écho à sa vie.

Le gendre de Renaud feuillette les pages de l'enfance, avec humour et tendresse. De «Repenti», solo guitare repris en choeur par les amoureux du premier album au «Clan des miros», sa dernière réalisation, il balance entre blues et réalité. Entre hauts et bas. De la complainte du vieux mafioso à son constat d'étourdi qui «ne voit rien venir», il campe un monde nostalgique, hésitant. Loin de l'itinéraire des enfants gâtés. «Éloignez les jerricans!», «Les gens sont fous», Renan Luce s'enflamme avant de retomber dans la proximité avec «Voisins, voisines». Chaud et frais. Le public acclame.

Fragilité à fleur de peau

Plongeon dans les «racines» bretonnes. Retour aux sources. Escapades boutonneuses, cours de préau, frimousse improbable, premiers râteaux auprès des copines. Fragilité à fleur de peau. Les ados en redemandent, les adultes remontent les pendules.

Il y a quelque chose de Tennessee Renan dans cet auteur compositeur qui nous entraîne dans ses élans juvéniles. Ses angoisses de la feuille blanche. Ses quêtes de «La fille de la bande».

Incertain, il lâche les chevaux avant de revenir à sa guitare et à deux contrebasses pour seules compagnes. Une interprétation intimiste pour retrouver «Un regard neuf», «revoir» une «première fleur». «Je ne sais plus voir le quotidien. J'aimerais me réveiller sans mémoire...»

Demain, La Palène change de cap avec «Résister c'est exister», la pièce d'Alain Guyard jouée par François Bourcier. La résistance, une autre jeunesse. Le prolongement nécessaire de l'adolescence.