Patrick SERVANT

ABarret, les Ets Giraud, fins spécialistes de la charpente métallique, vivent discrètement. Qu'on ne s'y trompe pas: la PME est en plein développement, a embauché 20 personnes l'an passé, investi 1,5 million d'euros et s'installe physiquement à La Rochelle et la Roche-sur-Yon, dans deux «gros» départements où les besoins en bâtiments industriels sont importants.

Giraud Construction, c'est «small is beautiful», mais avec une vision stratégique qui va bien au-delà du Barbezilien. L'enseigne est connue, et reconnue. La traduction ne se fait pas attendre: l'entreprise a connu des croissances à deux chiffres ces trois dernières années, dont un excellent +20% en 2008. Et 2009 démarre plutôt pas trop mal...

Philippe Bénétreau est à la tête de la PME installée à Barret depuis trois ans. Il gère la stratégie, l'administratif et le commercial. Son bras droit, Sylvain Demeerleer, en poste depuis un an et demi, assure la coordination entre le bureau d'études, la production et le montage. Moyenne d'âge dans l'entreprise: 34 ans. «Cette entreprise a certes une équipe jeune, mais elle a surtout une identité. Un esprit PME qui la fait avancer», dit le boss.

L'adossement à un géant du bâtiment n'a pas nui au développement de Giraud: l'entreprise barbezilienne a été rachetée il y a quelques années par le groupe SMAC, l'un des leaders nationaux de la couverture et de l'étanchéité, qui n'était pas jusque là dans la charpente (voir encadré).

Un groupe qui compte

dans le paysage

La référence a bien servi les intérêts de Giraud qui assure une croissance forte d'année en année. «SMAC n'était pas dans la charpente, aujourd'hui, on joue la complémentarité, la synergie entre nous. Et ça marche, relève Philippe Bénétreau, on peut proposer aux clients une offre globale qui va des pré-études jusqu'à la pose en passant par la fabrication sur place».

C'est d'ailleurs pour répondre à ce challenge que la direction de la PME a investi «lourd» dans les hommes l'an passé. Certes pour compenser les départs en retraite, mais aussi pour développer l'entreprise: une vingtaine d'embauches qui ont fait passer l'équipe d'une trentaine de personnes à 53 salariés aujourd'hui. «Dont six au bureau d'études, ce qui n'est pas anodin pour une PME de notre taille», indique Sylvain Demeerleer.

Depuis début janvier, la PME fait jouer la synergie Giraud-SMAC en installant deux de ses chargés d'affaires à La Rochelle et La Roche-sur-Yon. Stratégie gagnante: «On a déjà engrangé des commandes», assure Philippe Bénétreau, qui révèle un carnet de commandes plein pour cinq mois. Les fers au feu ? La charpente agricole, qui a longtemps fait le bonheur de l'entreprise, ne représente plus aujourd'hui que 10% du chiffre d'affaires. Les gros marchés, ce sont les bâtiments commerciaux (magasins, super ou hypermarchés, pour Leclerc et Carrefour notamment), et les bâtiments industriels, dans un secteur «grand ouest» qui va de Nantes, Tours, Châteauroux à Périgueux, Limoges, La Rochelle et Bordeaux. A la fois du classique, mais surtout du «cousu main» avec des façades, des auvents complexes, qui demandent beaucoup de technicité, comme la plateforme d'emballage pour produits de maraîchage qui est en train de sortir de terre aux Sorinières, dans la banlieue de Nantes.

Pour conforter ses marchés, Giraud Construction a investi l'an passé dans une imposante cabine de peinture, qui lui permet de proposer des produits finis de qualité, tout en satisfaisant aux normes en vigueur. «Un investissement de 800.000 euros, note Philippe Bénétreau, dont nous étudions l'adaptation pour passer dès cette année à des peintures à l'eau, moins polluantes que les autres». La PME a investi autant dans d'autres matériels, avec - évidemment - l'aval indispensable de ses actionnaires. «Et tout sur nos fonds propres», glisse le jeune patron, histoire de marquer la solidité des bases financières de l'entreprise. De quoi conforter les 8,8 millions d'euros actuels de chiffre d'afffaires de la PME.