Retour sur le terrain de la sécurité pour Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat a tenu hier une réunion à l'Elysée, à l'issue de laquelle le gouvernement a pris une série de mesures sévères à l'égard de «certains» Roms et gens du voyage

A la fin de cette rencontre en présence de François Fillon et de cinq membres du gouvernement, Brice Hortefeux a assuré dans une déclaration lue devant le perron que l'exécutif ne voulait pas «stigmatiser une communauté» mais «sanctionner des comportements illégaux».

Soucieux de se montrer intraitable sur le terrain sécuritaire, l'un de ses principaux arguments de campagne en 2007, Nicolas Sarkozy avait décidé d'organiser cette réunion après le week-end de violences à Saint-Aignan dans le Loir-et-Cher.

Première décision prise: le démantèlement d'ici trois mois de la moitié des quelque 600 «camps ou squats» illégaux recensés en France, a annoncé Brice Hortefeux. L'Elysée parle de 200 camps pour les seuls Roms, originaires de l'est de l'Europe. Deuxième mesure, le gouvernement va procéder «à la reconduite quasi-immédiate des Roms qui auraient commis des atteintes à l'ordre public ou à des fraudes en direction de la Bulgarie ou de la Roumanie».

La France va ensuite «proposer à la Roumanie d'accueillir des policiers roumains et parallèlement d'envoyer des policiers français en Roumanie». L'exécutif promet en outre d'«affecter dix inspecteurs du fisc afin de contrôler la situation des occupants de ces camps illicites et illégaux». Car, a dit M. Hortefeux, «beaucoup de nos compatriotes sont à juste titre surpris en observant la cylindrée de certains véhicules qui traînent les caravanes».

Le ministre de l'Intérieur a enfin promis que le gouvernement allait «poursuivre la politique de développement des aires d'accueil» des populations nomades. Ce point est considéré comme fondamental par les associations, qui se plaignent que moins de la moitié des emplacements prévus pour les gens du voyage par la loi Besson de existent effectivement.

Depuis une semaine, le PS, les Verts et le PCF n'ont cessé de dénoncer ce qu'ils considèrent comme une mise à l'index d'une communauté à des fins électoralistes. Benoît Hamon (PS) a ainsi accusé le chef de l'Etat d'«exploiter des clichés selon lesquels les gens du voyage seraient forcément associés à la rapine, au vol». Réunis dans la matinée à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), des représentants de l'Union française des associations tziganes avaient demandé à être reçus à l'Elysée, pour instaurer un dialogue, tout en dénonçant une «déclaration de guerre» du gouvernement.