Ivan DRAPEAU





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L'entreprise de travaux publics Grammatico, 43 salariés, dont le siège est à Genac (près de Rouillac), a été placée hier en redressement judiciaire par le tribunal de commerce d'Angoulême pour six mois. Le gérant, Alain Foucher, avait déposé le bilan la veille. Le tribunal a désigné Me Laureau en qualité d'administrateur judiciaire et Me Hirou comme mandataire. Le dossier sera réexaminé le 30 septembre prochain. D'ici à cette date, l'entreprise aura été restructurée par l'administrateur judiciaire et l'encadrement. L'effectif pourrait être réduit d'un tiers.



Anne Grammatico, la fille de Vincent, le fondateur de la SARL familiale, cadre dirigeante, est partagée entre l'amertume et la volonté de repartir du bon pied. L'amertume car elle fait une analyse sombre des causes de la chute. «La conjoncture a provoqué une chute du volume d'affaires de 30 % en 2009. Mais il y a surtout les prix anormalement bas pratiqués par les grands groupes. Des prix qui ont provoqué notre perte et qui menacent toutes les PME du secteur», assure-t-elle.



Elle déplie une petite fiche sur laquelle sont notés une trentaine de chantiers routiers. Ils ont tous été raflés par les groupes Eiffage, Eurovia (Vinci), Screg, etc. Ils ont été enlevés à des prix inférieurs de 10 à 45 % à ceux proposés par Grammatico «alors que nous nous étions déjà mis au ras des pâquerettes, à moins 20% par rapport à l'année précédente». «Il faut que les donneurs d'ordre, en l'occurrence les élus, en prennent conscience», poursuit Anne Grammatico.



Elle veut toutefois croire à des lendemains meilleurs. «Nous avons un carnet de commandes garni, dont le chantier de l'hôpital de Cognac qui repart.» En attendant, à l'horizon 2012, le chantier de la LGV.



«Il est guetté comme le sauveur, mais il est encore loin. Tout le monde ne l'atteindra pas», résume toutefois un observateur de l'économie locale.



Quarante-trois emplois s'en trouvent aujourd'hui fragilisés, plus deux, ceux de l'entreprise Charente Enrobés, installée à L'Isle-d'Espagnac, petite filiale spécialisée de Grammatico TP.



 

C2G: dix emplois

à la trappe à Cognac



 



Christel et Corinne Geay, la quarantaine, soeurs, avaient lancé leur entreprise de travail verrier à façon voici trois ans, C2G. La petite structure, implantée impasse Barnett à Cognac, comptait au total une dizaine d'emplois. Hier, l'aventure s'est achevée devant le tribunal de commerce d'Angoulême. En cessation de paiement, l'entreprise a été mise en liquidation sur le champ. Elle n'avait qu'un seul client, l'usine Saint-Gobain, qui cesse sa demande de prestations au 30 juillet. Christel Geay est amère, pas tant que Saint-Gobain fasse défection, mais parce qu'en trois ans, aucune maison de négoce, petite ou grande, n'a cru aux services que C2G proposait.



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