Chômeurs à bac+8
Par reaction, Vendredi 30 juillet 2010 à 16:44 :: France Monde :: #6847 :: rss
Passer sa thèse est un tour de force, mais trouver ensuite du travail peut s'avérer encore plus compliqué car le secteur privé recrute trop peu de chercheurs, entraînant une hausse «préoccupante» du chômage à Bac+8, selon une note du Centre d'analyse stratégique (CAS).
La difficile insertion professionnelle après un doctorat, qui correspond à au moins huit ans d'études après le baccalauréat, dont trois au-delà du Master, n'est pas neuve.
Mais elle prend des proportions inquiétantes et envoie un signal négatif «sur l'image internationale de la formation doctorale en France» et «auprès des jeunes», s'inquiète le CAS, mettant en garde contre le risque de voir s'aggraver la désaffection pour certaines filières scientifiques.
Comparés aux ingénieurs, les docteurs ont toujours eu la partie moins facile, mais «fait nouveau et préoccupant», selon le CAS, le taux de chômage trois ans après la fin de la thèse a dépassé celui des titulaires d'un Master (Bac+5).
En 2007, 10% des anciens thésards étaient au chômage contre 7% de diplômés niveau Master et 4% niveau ingénieur. Dix ans auparavant, le chômage des docteurs était de 8%, 10% au niveau Master et 5% au niveau ingénieur.
Autre chiffre marquant: le taux de chômage des titulaires d'un doctorat est «en moyenne trois fois supérieur» à celui observé dans les pays développés de la zone OCDE. En 2007, un peu plus d'un docteur sur quatre était en CDD 3 ans après l'obtention du diplôme
Y aurait-il trop de docteurs en France ? Non, répondent les auteurs, «les autres pays de l'OCDE ont enregistré des taux de chômage très faible» pour un nombre de doctorants plus important. Le problème tient au «nombre d'emplois de chercheurs structurellement faible dans le secteur privé», explique le CAS.
Quand les entreprises embauchent des titulaires de doctorat, «même lorsqu'il s'agit de recrutements pour la fonction recherche, les entreprises privilégient les profils d'ingénieurs», constate le CAS qui souligne la consanguinité du recrutement. La réticence des entreprises à recruter un docteur, même pour un poste de recherche, tient notamment à «la formation des élites du secteur privé, les recruteurs étant eux-mêmes issus en grande majorité de filières non universitaires». La France a formé 11.000 docteurs en 2007.
En 2007, uns ancien thésard était au chômage. Photo archives AFP


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