Pascal HUORD





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C'est une production sans cesse repoussée depuis 2006, par de multiples rebondissements que même le meilleur scénariste n'aurait pas forcément imaginés. Ce projet, c'est l'implantation d'un multiplexe cinématographique à Champniers, au coeur de la future grande zone des Montagnes. Le groupe CGR (Circuit Georges Raymond) rêve d'y implanter un établissement de douze salles avec 2.556 fauteuils et 850 places de parking. Il serait la locomotive commerciale de cette zone.

Sauf qu'en novembre 2007, la Commission départementale d'équipement commercial a retoqué ce projet, à une voix près, en raison du refus du représentant de la ville et de celui de la Chambre de commerce.

Jocelyn Bouissy, le directeur du groupe, n'a pas renoncé et prépare un nouveau projet qu'il pourrait présenter devant la Commission départementale d'aménagement commercial, en octobre prochain.

Entre-temps, il devra avoir négocié avec des partenaires locaux et la ville pour maintenir son complexe du centre-ville (onze salles). C'est la contrepartie obligée pour obtenir l'accord de Philippe Lavaud pour le projet de Champniers. Ce qu'avait fini par accepter l'ancien maire Philippe Mottet, alors candidat aux élections législatives. Sauf qu'après avoir été nettement battu lors de cette consultation, et devant la bronca des commerçants du centre-ville, effrayés par l'idée de perdre ce cinéma et l'animation qu'il draine, l'ancien maire a fait une volte-face pour les élections municipales.

A l'époque Philippe Lavaud, candidat à la mairie, avait parlé «d'une faute grave». Il reste favorable à l'implantation d'un second complexe à Champniers. «Il n'y a pas de raison que l'on ne puisse pas avoir un cinéma en périphérie, tout en maintenant le cinéma de centre-ville, comme c'est le cas à La Rochelle ou Poitiers, à condition d'avoir en centre-ville une programmation plus ouverte. Ce que j'ai déjà eu l'occasion de dire au directeur du CGR», explique-t-il. Il ne se laissera donc pas influencé par les arguments des commerçants du centre-ville. «Je ne crois pas que le CGR abandonnera le centre-ville après avoir équipé toutes ses salles en numérique.»



La cité de la bande dessinée intéressée



Depuis La Rochelle, Jocelyn Bouissy souhaite «maintenir le cinéma de centre-ville, mais dans une configuration différente, en trouvant un accord avec des partenaires pour céder l'exploitation ou la gestion de plusieurs salles, peut-être trois ou quatre», explique-t-il. «C'est tous ensemble que nous devons trouver ce point d'équilibre.»

Si la ville n'a évidemment pas vocation à gérer tout ou partie d'un cinéma, cette idée de «sous-location» n'a rien de farfelu et intéresse Gilles Ciment, le directeur de la Cité internationale de la bande dessinée, gestionnaire de deux salles de cinéma d'art et essai. «Cela me semble s'inscrire dans une vraie logique de cohérence de programmation», indique le directeur «sous forme de délégation de service ou autre» souligne-t-il. En revanche, il attend encore d'avoir un contact avec le directeur du CGR.



Le directeur du groupe CGR veut trouver un accord avec des partenaires locaux pour le maintien du complexe du centre-ville,

à côté du projet de Champniers. Photo archives Phil Messelet.